Du 28/02/2026 au 11/11/2026

Train transcontinental reliant pour la première fois Paris à Constantinople, l’Orient-Express s’impose comme l’une des grandes réalisations symboliques du XIXème siècle. Tour de force technique, économique, diplomatique et artistique, il incarne un rêve de modernité et de luxe. Trait d’union entre l’Occident et l’Asie de l’Ouest, l’Orient-Express est avant tout le train de l’Europe : il offre à ses prestigieux voyageurs la découverte des paysages et des cultures centreuropéennes.
À travers une sélection d’œuvres et d’objets emblématiques, l’exposition retrace l’épopée de l’Orient-Express à la Belle Époque, quand l’histoire de ce train mythique commence à s’écrire.

Inspiré par un séjour aux États-Unis où il découvre les luxueux trains de nuit de George Pullman, Georges Nagelmackers (1845-1905) conçoit un nouveau modèle de voyage. De retour en Europe, il fonde en 1876 la Compagnie Internationale des Wagons-Lits, et l’Orient-Express réalise le premier voyage ferroviaire en octobre 1883, traversant d’un seul élan le continent européen. Visionnaire, Nagelmackers s’appuie sur les innovations techniques et communicationnelles.
La Première Guerre mondiale entrave l’Orient-Express. En 1919, la Compagnie des Wagons-Lits inaugure le Simplon Orient-Express, dont le trajet dessine une nouvelle géographie diplomatique (excluant les pays de la Triple Alliance) et ouvre ainsi une nouvelle page de l’histoire du train mythique.
L’une des grandes innovations de Georges Nagelmackers est d’avoir imaginé des wagons alliant luxe, confort et modernité dans l’esprit des paquebots transatlantiques. À bord de l’Orient-Express, le voyage devient une expérience à part entière : une élégance « à la française » où se conjuguent décoration soignée -bientôt influencés par l’Art nouveau puis l’Art déco avec des boiseries et marqueteries de René Prou notamment-, gastronomie d’exception et confort.
Plus qu’un simple moyen de transport, l’Orient-Express devient un symbole du luxe moderne, reflet d’un art de vivre raffiné qui marque durablement l’imaginaire de la Belle Époque. Le train est un accessoire, une scène de théâtre de la vie mondaine européenne grâce à la qualité des voitures : il y a des personnes qui ne font qu’une partie du trajet, uniquement pour donner un déjeuner ou un diner à bord du train.

En 1883, Paris devient le point de départ du mythique Orient-Express à destination de Constantinople. Mais créer un train international représente un défi à la fois technique, politique et diplomatique. Dans une Europe marquée par la guerre franco-prussienne, la montée des nationalismes dans les Balkans et le déclin de l’Empire Ottoman, le projet de Georges Nagelmackers relève de la prouesse. Traversant parfois des zones de tensions, le train est aussi exposé aux attaques et aux aléas géopolitiques. Grâce à son habileté diplomatique, Georges Nagelmackers parvient à rallier les compagnies ferroviaires locales et à obtenir le soutien des grandes puissances traversées par le train. L’Orient-Express devient alors un instrument de dialogue et de circulation dans une Europe aux frontières mouvantes.

À la Belle Époque, la fascination de l’Europe occidentale pour le Moyen-Orient nourrit un vaste courant artistique et littéraire : l’orientalisme. Peintres et écrivains inventent un Orient rêvé, à la fois mystérieux et éclatant, qui alimente l’imaginaire collectif et suscite le désir d’évasion.
Terminus prestigieux du voyage inaugural de l’Orient-Express, Constantinople devient la destination emblématique de cette aspiration occidentale au voyage. Carrefour culturel, économique et diplomatique, la ville séduit par son histoire millénaire et son architecture. Les guides touristiques de l’époque proposent des itinéraires à l’usage des voyageurs en quête d’exotisme et de pittoresque. Beaucoup se font alors photographier vêtus à la turque, cherchant à incarner cet Orient fantasmé, tout en ignorant les signes de modernité d’une société en pleine mutation. Leur séjour, souvent mené au pas de course, ne dure que quelques jours avant le retour.
Consciente de la nécessité d’offrir un lieu d’accueil à ces nouveaux voyageurs, la Compagnie Internationale des Wagons-Lits inaugure en 1892 le Péra Palace : un établissement moderne et prestigieux, rapidement devenu légendaire. Il accueillera parmi ses hôtes les plus célèbres Sarah Bernhardt, Mata Hari, Greta Garbo ou encore Agatha Christie, toutes passagères de l’Orient-Express.
du 28 février au 11 novembre 2026
Commissariat d’exposition : Roma Lambert, Directrice de la Villa du Temps retrouvé
Scénographie : Muséscene, Nicolas Bréard
Régie : Art Expo / Florence Guionneau-Joie
Conception audio-visuels : Auvisys, Christopher Colin
visuels :
-CIWL, Voiture-restaurant de la CIWL, fin du XIXe siècle, photographie © Fonds de dotation de l’Orient-Express
-Anonyme, Une du Petit Journal. Supplément illustré Le brigandage, 20 juin 1891, document imprimé © Collection particulière
-Félix ZIEM, Caïque devant les murailles de Stanbul, huile sur panneau © Galerie Ary Jan, Paris